N’êtes-vous pas fatigués de courir, depuis tant d’années, après la perfection ? Moi si, d’autant que pendant très longtemps j’ai été une perfectionniste acharnée.

Il y a encore de beaux restes mais le jour où j’ai compris que la perfection n’était pas de ce monde a été une véritable délivrance.

Et j’aime à dire à présent que personne n’est et ne sera jamais parfait. Nous sommes perfectibles et c’est largement suffisant.

J’ignore ce qu’il en est pour vous mais je crois que croyants ou pas, nous sommes tous marqués par l’éducation judéo-chrétienne.

Pendant des siècles l’église nous a culpabilisés avec les notions du péché, les commandements, les feux de l’enfer et le « poussière tu es » etc…

Alors qu’il a cette magnifique phrase de Jean-Yves Leloup : « Tu es Lumière et tu retourneras à la Lumière ».

La société a bien pris la relève, avec l’obligation de performance, d’efficacité et d’excellence, dans tous les domaines.

Face aux images des magazines, nous courrons après la perfection physique, l’éternelle jeunesse, nous nous croyons obligés d’être des parfaits parents, des amis dévoués, des personnes agréables.

Ajoutons à cela la perfection amoureuse et sexuelle…

Ainsi que cette quête effrénée du bonheur, par le : « toujours plus »…

Un grand leurre de cette société de consommation, qui ne peut satisfaire personne.

Stop, n’en jetez plus, la coupe est pleine !

Depuis quelques décennies, le mouvement du développement personnel a pris le relais, pour devenir, derrière un effet de mode la dernière « religion » en date.

Qui nous impose une course perpétuelle à l’amélioration et au dépassement de soi.

Théoriquement, et en suivant la procédure de la fameuse « pensée positive », tout devient facile.

Malheureusement, dans la réalité, ce n’est pas le cas, et les cycles d’enthousiasmes temporaires sont suivis par des périodes des dépressions culpabilisantes.

Si, depuis Freud, nous sommes tous des névrosés, une autre obligation s’y rajoute : nous devons les « travailler ».

Entendons-nous bien, la thérapie répond à une souffrance profonde, et elle a pour but de mettre en évidence les causes, l’origine de cette souffrance et d’aider le patient à repérer, à nommer et à en être déchargé et soulagé.

Je remercie d’ailleurs les thérapeutes, (j’en ai consulté quelques-uns en vingt ans), qui ont su m’écouter et m’accompagner.

Mais ils n’ont pas changé ma vie car moi seule avait le pouvoir sur elle, de par ma volonté et ma force intérieure, mises au service d’un cheminement.

Courir après la perfection psychologique et vouloir se débarrasser de toutes nos névroses et de tous nos défauts est une mission impossible, et pas véritablement souhaitable, à mon avis.

A tous cela peut s’ajouter le désir de la perfection « spirituelle ».

Être zen, vivre au milieu d’une société de fous comme un sage, débarrassé de son ego et de ses émotions, bien évidemment.

Quelqu’un se porte volontaire pour assumer tout cela ?

Pas moi 🙂

Tomber dans tous ces pièges nous demande des efforts surhumains qui ne seront jamais couronnés de succès.

Personne ne peut être un parent, un enfant, mari, femme, employé (et j’en passe) parfait.

Et souvent nous avons beau enchaîner les séminaires, les conférences, les thérapies, les lectures de développement personnel, nous constatons qu’au final, rien n’a réellement changé dans notre vie !

Nous demeurons prisonniers de nos schémas répétitifs, nos efforts tournent aux vœux pieux, et nos belles résolutions tiennent rarement la route.

Tant d’énergie et d’argent dépensés en pure perte.

Et surtout, beaucoup de découragement, d’auto-dévalorisation et de lassitude…

Face à cette difficulté, nous sommes nombreux à nous trouver dans une impasse.

Fatigués de multiplier les tentatives et les démarches pour en revenir toujours au même point.

Alors changer est-ce vraiment une mission impossible ?

Et si nous considérions que c’est justement notre acharnement à vouloir changer et nous améliorer qui engendre toutes ces frustrations ?

Et qu’il serait préférable de nous accueillir, avec douceur, pour accepter toutes nos facettes, même les plus sombres ?

Non pas pour nous y complaire mais pour entreprendre un véritable travail de fond, nécessaire à toute évolution.

Tout ce que nous fuyons nous rattrapera toujours, et plus nous luttons contre quelque chose, plus nous la renforçons.

Encore une citation de cet homme, si cher à mon cœur :

Il n’y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection. La vie nécessite pour son épanouissement non pas de la perfection, mais de la plénitude. Sans imperfection, il n’y a ni progression, ni ascension

Carl Gustav Jung

Si au lieu de nous acharner à vouloir atteindre des résultats impossibles, nous tentions juste de nous accueillir dans notre humanité ?

Et faire le travail de transformation intérieure ?

Les alchimistes du Moyen-Âge ont cherché à transmuter le plomb en or, et comme vous le savez sûrement, il s’agissait d’une œuvre symbolique.

Transformer ce qui nous « plombe » en « l’or y est », une couronne de lauriers qui symbolise la gloire de celui qui la reçoit.

Comme l’accomplissement de la Lame du Monde où, après un long cheminement, tout ce qui était en latence mais aussi en désordre chez le Bateleur se trouve parfaitement achevé…

Jung et ses disciples nous proposent d’entrer dans la même démarche alchimique, en transmutant en lumière consciente ce qu’ils nomment nos ombres.

Qu’a-t-elle de différent par rapport à celles, si nombreuses de développement personnel ?

Tout d’abord, elle ne nous demande pas de viser la perfection, d’éliminer nos névroses ou combattre nos défauts.

Ce que l’alchimie nous invite à faire, c’est plonger dans nos difficultés, en les reconnaissant et en les acceptant.

Pour les transmuter, et en faire une materia prima, qui, transformée, pourra devenir utile à nous-mêmes, puis aux autres.

La vision négative de nos faiblesses nous fait souvent passer à côté d’une richesse extraordinaire.

Si toutefois nous avons la capacité à voir dans certains de nos défauts des compétences naturelles que nous pouvons reconnaître et transmuter en quelque chose de bénéfique.

Et même si ce ne sont pas les talents qui nous épanouissent ou peuvent être mis au service, au moins cela nous donne la possibilité de nous sentir mieux et d’être plus en harmonie avec nous-mêmes.

Comme de faire de toute expérience désagréable une occasion d’apprendre, de s’enrichir, et d’évoluer en conscience.

Mieux nous accepter permet aussi de transmuter les rapports de pouvoir en relations respectueuses de soi et des autres.

Mais cela demande de retrouver l’énergie bloquée au cœur de nos blessures émotionnelles pour lui permettre de circuler librement.

En somme, l’alchimie est l’art de faire de nos faiblesses des forces, de changer nos failles en aptitudes, et de transformer nos défauts en compétences.

Sans que nous ayons à lutter ni à nous faire violence.

Alors, avez-vous encore envie de courir derrière la perfection ?

Ou vivre Imparfaits, libres et heureux, comme nous le propose Christophe André.

 

 

 

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