Dans l’article précédant http://debloquer-votre-vie.com/et-sil-ny-avait-pas-que-cinq-blessures je vous ai parlé de la façon dont la lecture psychologique du Tarot de Marseille peut détecter nos blessures, à travers un « thème » personnel et grâce à notre vision des arcanes.

Voyons à présent un exemple concret et le travail de réhabilitation qui se fait en cinq séances.

Delphine souffre d’une grande difficulté à réaliser ses projets et à les mener à terme.

Elle en a de nombreux, mais ils restent dans le flou et elle n’arrive pas à les concrétiser.

Souvent, elle éprouve une grande confusion, elle se laisse envahir et déborder par ses émotions dont elle n’arrive pas à définir la nature ni la cause.

Elle se sent si différente et incomprise, au point de s’isoler, pour ne pas souffrir davantage.

Déconnectée de la réalité, elle a du mal à gérer le quotidien et ses amis lui disent souvent qu’elle est dans la lune.

Nous commençons donc le travail par cette lame.

Delphine éprouve un grand malaise mais elle ne peut pas en définir la nature.

La première chose qu’elle voit sur cette lame est le bassin, ses eaux sombres et la bestiole qui se cache au fond.

L’eau est menaçante et elle a peur de s’y noyer et de se faire manger par ce qu’elle définit comme un crabe.

A ses yeux, c’est une créature  maléfique, symbole des monstres marins qui se nourrissent de la pourriture.

Delphine pense aussi à l’autre appellation du crabe : le cancer.

Bon nombre des femmes de sa famille ont été atteintes par cette maladie, et Delphine vit dans la peur d’en avoir un.

La lame de la Lune

Le danger qui vient de la bête est renforcé par la tête de mort qu’elle voit dans le visage de La Lune.

Elle cite aussi l’expression « marcher en crabe », donc du côté ou à reculons, ce qui renforce l’impression de s’égarer constamment sur son chemin.

La coquille de l’animal est une protection, mais Delphine la voit surtout comme un enfermement qui protège sa vulnérabilité.

Les tours de l’arcane l’enferment aussi et elles réveillent la peur de ce qui se cache derrière, tel un monde inconnu et menaçant.

Dès qu’elle le peut, Delphine vit cloîtrée chez elle, au point d’éviter toutes les rencontres.

Elle refuse même les invitations des amis, ou bien il lui faut s’y préparer longtemps en avance.

Ces tours marquent les frontières de son monde connu et rassurant.

Bien qu’elle sache qu’en les franchissant, elle pourrait accéder à un autre territoire, dans lequel elle se sentirait libre, elle a trop peur des chiens.

Ces animaux menaçants gardent le passage.

Ils hurlent à la lune, ce qui lui fait penser à ses propres envies d’hurler sa souffrance.

Assoiffés, les chiens essayent de boire les gouttes qui tombent mais ils n’arrivent pas à les attraper.

Comme eux, Delphine se sent privée de l’essentiel qu’elle désire et redoute à la fois.

Un profond sentiment de tristesse, de l’accablement et de la nostalgie l’habite.

Tournée vers son passé, elle a peur de l’avenir, et n’imagine que les scénarios morbides et effrayants.

Attristée par ce constat, Delphine désire fortement se libérer de ses entraves.

Nous commençons par apprivoiser les éléments de la lame, un par un, à l’aide des autres arcanes.

Les eaux noires sont celles de l’inconscient, le sien, le familial et le collectif.

Pour y plonger, L’Hermite pourra les éclairer avec sa lanterne.

Il lui dit aussi, qu’à force de se retourner sur son passé et de le ressasser, elle ne peut que réveiller les tristes souvenirs.

L’Hermite lui donne aussi la force de cheminer.

Sa grande cape peut abriter sa vulnérabilité, et elle peut s’appuyer sur son bâton.

L’homme est âgé et il chemine lentement.

Comme La Lune, c’est un arcane du temps et du respect du rythme intérieur et personnel.

Avec ces lames, il est impossible d’aller vite, mais Delphine est d’accord qu’aller lentement est aller sûrement.

Les immuables cycles de La Lune lui parlent de la patience et de la nécessité de respecter le temps de la gestation.

La sagesse et l’expérience de l’Hermite l’aident à apprivoiser l’Arcane Sans Nom.

Sa tête lui fait toujours peur mais elle voit la faux qui tranche ce qui est déjà mort, inutile et qui empêche d’avancer.

Elle pense à toutes ses fausses croyances transmises par la famille, à la peur et à l’ambiance morbide de sa lignée maternelle.

Cette lame qui ne porte pas de nom l’invite à se nommer, en conscience, et à ne plus s’identifier aux mémoires familiales.

Elle peut ainsi mettre le nom sur ce qui est caché dans les eaux de la Lune, ce qui est renié et enfui dans l’ombre, provoquant des crises et des souffrances.

Cette partie sombre restera toujours en elle, mais elle en aura moins peur, puisque elle peut la mettre à la lumière de la conscience.

Et pour ce faire, c’est la lame du Soleil qui l’aidera.

Le visage de cet arcane est souriant, et les gouttes, semblables à celles de la Lune, sont pourtant différentes.

Delphine les voit gaies, et surtout plus proches et accessibles.

Elles représentent cette eau qu’elle donnera aux chiens assoiffés, donc à elle-même.

Les jumeaux de la lame du Soleil jouent innocemment, et ils ne craignent pas de se montrer à moitié nus.

Delphine y voit le moyen de faire fondre doucement sa carapace, pour ne plus craindre autant le monde extérieur.

La lame de la Lune est aussi celle de la féminité par excellence.

Delphine a toujours caché la sienne, derrière les vêtements de none.

Elle ne sait pas se mettre en valeur et elle fait tout pour passer inaperçue.

Cet effacement n’a pas facilité ses relations avec les hommes, dont elle a d’ailleurs très peur.

Mais les jumeaux qui jouent, sans se faire mal, l’aident à envisager un autre genre de rapports.


Le soleil

Comme le Soleil l’invite à oser se montrer au grand jour.

Le souffle libérateur de la Maison Dieu, peut l’aider à casser les carcans et à la libérer de ses enfermements.

Puisque cette tour peut être ébranlée, celles de La Lune deviennent moins rigides.

A présent, Delphine a moins peur de s’aventurer derrière et à dépasser les interdits du passage.

Une autre lame qui lui sera d’un grand secours est l’Empereur.

Bien assis sur son trône, il incarne l’ordre et lui apporte ainsi un ancrage dans la matière que lui manque tant.

Il lui donne aussi l’autorisation de prendre sa place et à ne plus avoir peur de structurer et de réaliser ses projets.

Grâce à L’Empereur, Delphine peut voir que les eaux de la Lune sont délimitées par un bassin, qui empêche le débordement.

Elle est prête à voir cet arcane différemment, dans son bien vécu et dans le potentiel qu’il contient.

Le floue qu’elle ressent peut ainsi être vécu comme une intuition, une sensitivité et une perception plus fine.

Sa sensibilité, même si elle est souvent inconfortable, l’ouvre à un monde de réceptivité et de créativité.

Cette sensibilité lui permet aussi d’être plus empathique, de mieux comprendre les autres, d’éprouver de la compassion et d’être plus en phase avec ce qu’ils ressentent.

Ne plus avoir peur des mondes inconnus lui permettra d’explorer ses rêves et de libérer enfin son imagination et le potentiel créatifs représentés par La Lune.

Pour calmer ses angoisses et ses insécurités, Delphine se fera aider par la lame du Monde, sur laquelle elle voit un appui solide et une grande protection.

Elle perçoit la couronne de lauriers comme un œuf, et une matrice, liés aux eaux-mères originelles, nourricières, protectrices, symboles de Vie.

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