L’été se termine et la rentrée se profile à l’horizon.

Nous sommes encore remplis de cette belle énergie des vacances, pleins de projets, et dans la foulée, nous nous lançons dans le rituel des bonnes résolutions.

Avez-vous réfléchi pourquoi elles se prennent toujours à  cette occasion ?

Et pourquoi elles reviennent inévitablement à la rentrée, au début de l’année ou à notre date anniversaire ?

Comme si nous nous sentions obligés de changer radicalement ce qui nous déplaît dans nos vies, aux dates fixes.

Alors, les décisions :

  • Je ferai du sport
  • Je me cultiverai, j’irai au théâtre, je lirai
  • Je me mettrai enfin à la médiation
  • Je serai gentil avec ma famille, mes enfants, mon chien et mon poisson rouge

Nos motivations sont sincères mais le quotidien reprend vite ses droits, les jours raccourcissent, la grisaille arrive et nos résolutions tombent petit à petit dans les oubliettes.

Nous en avons tous pris et rares sont ceux qui sont arrivés à les tenir.

Pourquoi donc c’est si difficile ?

Fréquemment, nous décidons de faire quelque chose que nous croyons bon mais est-ce vraiment bon pour nous ?

Trop souvent, nous mettons sur notre liste ce que nous estimons devoir faire, et nous nous imposons ainsi une astreinte oppressante et culpabilisante.

Tous les : « il faut, je dois, je ne n’ai pas le choix… »

Cette « obligation des résultats » entraîne la contrainte, la culpabilité, puis la honte et les reproches : « je ne suis
même pas fichu de… »

Suite à notre éducation nous avons forgé un système des croyances et des convictions qui deviennent des petites tyrannies que nous nous infligeons à nous-mêmes.

Derrière ces croyances se cache le désir de plaire aux exigences de nos proches, de se plier aux dictats de la société, d’être conforme à ce que les autres attendent de nous.

Et ce qui a très peu à voir avec nos envies sincères…

Décidons-nous de changer de travail parce qu’il ne nous satisfait pas ou parce que nos proches disent que c’est bon pour notre carrière ?

De maigrir pour être bien dans notre corps ou pour correspondre aux images des magazines ?

De faire du sport parce que les affiches nous exhortent de garder la forme, en suant dans les salles de musculation ?

Sans oublier de manger 5 fruits et légumes par jour…

Obéir à ces injonctions revient à nous maltraiter tous seuls.

Car au final, les bonnes résolutions peuvent se révéler plus lourdes à porter que jubilatoires.

Entre la pression et les fausses obligations, elles peuvent faire de notre vie une suite de contraintes.

Alors, lassés et dégoûtés, nous les jetons aux oubliettes.

Avant de nous lancer dans les changements, il est conseillé de nous interroger sur notre motivation profonde.

Et surtout de prendre en compte nos mécanismes inconscients d’auto-sabotage que nous mettons en œuvre.

Des croyances comme : « je ne suis pas capable » ou « je suis trop vieux, trop timide, pas assez créatif »,
quand ce n’est pas : « je n’ai pas le droit de réussir », « je ne le mérite pas » se mettent à travers notre route.

Nous continuons ainsi à obéir aux injonctions et aux projections familiales : « tu n’es ne seras jamais bon à rien »,
« tu dois souffrir pour réussir », « contente toi de ce que tu as » et autres.

Très souvent c’est la peur de réussir et de ses implications qui nous paralyse.

Nous nous demandons si nous resterons les mêmes et si nous serons toujours acceptés.

L’affirmation : « je suis comme je suis et c’est trop tard pour changer », est à la fois un renoncement, un constat d’échec et la résultante de notre façon de nous limiter.

Ces situations d’évitement sont comme des « petits arrangements avec l’estime de soi ».

Christophe André et François Lelord (auteurs de L’Estime de soi, Odile Jacob, 1999) ont décrit ces mécanismes de défense qui aident en apparence au maintien d’une bonne image de soi : « Je n’agis pas, donc je ne prends pas le risque de faire des erreurs. »

« En fait, il s’agit d’un troc inconscient au cours duquel les sujets sacrifient leur développement personnel contre un sentiment – factice – de sécurité. »

La situation se complique encore davantage quand nous mettons en œuvre un mécanisme (inconscient) d’autopunition.

Si nous croyons que nous n’avons pas le droit de réussir, nous nous interdisons de respecter nos résolutions pour pouvoir nous dire : « j’avais raison, j’ai échoué ».

Nous chercherons inconsciemment des situations pénibles, où la punition que nous nous infligeons vise à atténuer la culpabilité née d’une satisfaction.

Nous redouterons de nous affirmer, de déployer notre potentiel et nous nous programmerons à échouer.

Se fixer des résolutions qui tendent à éviter ou à supprimer quelque chose est bien trop difficile à tenir.

Notre cerveau n’entend pas la négation et si nous disons : « je ne veux plus fumer » il ne retiendra que « fumer »…

Ces formulations négatives ne donnent pas assez d’énergie pour réussir à changer des comportements fortement ancrés qui nous pénalisent.

Les résolutions qui vont à l’encontre de notre nature profonde sont impossibles à tenir car malgré tous nos efforts nous reviendrons à notre mode de fonctionnement habituel à la moindre difficulté.

Un grand piège des bonnes résolutions est la volonté de devenir soi, en mieux !

Cette façon de corriger notre image tend à faire correspondre une représentation idéale de nous-mêmes et la réalité.

Nous cherchons ainsi à réduire le décalage entre celui que nous aspirons à être et celui que nous sommes.

Dans un désir de contrôle nous allons vers celui de la toute-puissance.

Confrontés à nos limites et à nos failles, nous sommes contrariés, frustrés et encore plus fragilisés.

Prendre une bonne résolution, c’est décider d’agir
pour prendre notre vie en main

Et aussi, pour arriver à modifier ce qui nous dérange et qui nous frustre, pour le remplacer par ce qui nous épanouit et qui est plus en accord avec nos véritables aspirations.

Une bonne résolution revient à prendre un rendez-vous avec nous-même, pour mettre en actes nos vrais désirs.

Mais cette action est synonyme de changement, qui comme nous le savons tous est une de peurs les plus ancrées de l’être humain.

Pour arriver à dépasser cette peur ou à avancer avec, il est nécessaire de bien poser les questions :

  • Ai-je été jusqu’à présent la personne que je veux vraiment être ?
  • Suis-je fier de mes réussites, et comment j’accepte mes erreurs ?
  • Est-ce que je fais ce qui me fait du bien ou ce que je crois être bon ?
  • Est-ce pour me sentir mieux ou pour me donner bonne conscience ?
  • Et surtout : pourquoi prenez-vous ces bonnes résolutions ?

Et si on disait : pour qui ? Pour soi, d’abord

Pour être plus juste, plus vrai plus authentique.

Pour revenir à ce qui fait nous fait du bien et à ce que nous aimons.

Pour dire un oui inconditionnel à nous-mêmes et pour nous approcher le plus de cette bienveillance, que souvent, nous n’avons pas du mal à manifester autour de nous mais que nous nous refusons.

Pour pouvoir  baisser nos armes sans nous sentir en danger.

Pour nous respecter, sans peur de blesser l’autre.

Pour reprendre notre pouvoir sans être dans le pouvoir.

Pour apprendre à nous respecter dans nos rythmes de sommeil, de nourriture et dans la manière qui est la nôtre de faire les choses.

Pour être attentifs à nos émotions et à notre petite sonnette d’alarme qui nous prévient que quelque chose n’est pas bon pour nous.

Pour garder notre intégrité, notre vitalité et notre spontanéité.

Pour oser enfin de nous positionner et oser dire « non » pour que notre « oui » ne soit pas contraint.

Au lieu de nous lancer des défis insurmontables ne serait-il pas mieux d’apprivoiser les choses petit à petit ?

Quand nous sommes connectés à nos vrais besoins et à nos envie profondes, plus besoin de nous forcer, plus de :
« je dois, il faut, oui mais… »

Qui seront remplacés par : « j’en envie, mais oui…, j’y vais ».

Les choses deviennent fluides et nous les faisons avec joie.

Parfois, pour commencer une pratique, nous aurons besoin d’un peu de discipline et nous serons obligés de nous astreindre.

Mais grâce aux bénéfices que nous en tirerons, cela deviendra un plaisir, voire une nécessité pour nous sentir bien.

Au final, prendre une bonne résolution, c’est tout simplement remettre la balance à l’équilibre.
Et l’équilibre, c’est toujours ce qui nous va le mieux.

 

 

 

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