Ou pas tous car il n’est pas dans mes intentions de la dénigrer. Elle a été bien efficace pour de nombreuses personnes mais combien d’autres, après des années passées sur un divan se retrouvent avec les mêmes problèmes ?

D’abord, parce qu’elle n’affronte pas les difficultés directement, en plaçant le patient face à ses tourments.

En l’invitant à dire tout ce qui lui passe par la tête, même si ses propos semblent n’avoir aucun rapport avec ses difficultés, elle les contourne mais ne les prend jamais de front.

La psychanalyse ne prétend d’ailleurs pas guérir des symptômes précis, et souvent le patient s’aperçoit que le problème qui l’empêche de vivre n’est pas celui pour lequel il était venu consulter.

Quand il ne passe pas carrément à côté…

Lors de mes années de pratique, j’ai souvent constaté que les consultants découvrent avec stupéfaction que ce qui leur fait le plus mal n’a jamais été abordé lors de leurs séances.

Et pourtant, c’est là, clair et gros, comme une maison…

La psychanalyse est un espace de parole, des associations libres, des rêves. Le patient exprime tout ce qui lui vient, et le psychanalyste écoute.

J’ignore ce qu’il en est pour vous mais personnellement, si j’acceptais de m’allonger sur un divan, je me demanderai ce que fait le psy, derrière mon dos.

M’écoute-il vraiment ou est-il en train de faire sa liste des courses ?

Ou, comme dans les films, il fait des grimaces dans le miroir, en poussant de petits grognements ou en marmonnant les  « hmm-hmm », continuez…

Les orientaux disent que plus on parle de ses problèmes, plus on les fixe dans sa tête…

Surtout, quand ça ne passe que par la tête. Et nous sommes champions toutes catégories de « pédaler à vide » dans notre mental…

Et si les prises de conscience sont mentales, tant que ça ne passe pas par le vécu émotionnel et surtout corporel, on peut causer, sa vie durant.

Souvenez-vous de Woody Allen. Toute une vie sur un divan, pour être encore plus névrosé.

Certes, cela se traduit par des films géniaux mais quid des résultats ?

Et des changements concrets, qui font évoluer, avancer, permettent de poser des actes ?

Et cette fameuse neutralité bienveillante…

J’en ai la sainte horreur et il temps d’avouer que je suis aussi passée par là.

Pas le divan mais un face à face avec un praticien, fort compétant, d’ailleurs mais :

  • On dirait qu’il a avalé un parapluie
  • Aucune émotion humaine, pas d’échange possible
  • Si je lui demandais s’il avait passé de bonnes vacances, cela serait pris comme la plus grande indiscrétion
  • Juste un « bonjour Madame », pour commencer et un « bon… », pour clore la séance, pile au milieu de ma crise des larmes

Les grands thérapeutes, auxquelles je voue une admiration profonde, sont tous humains, emphatiques et bienveillants, véritablement.

J’évoquerai juste Jung, qui a toujours été mon « maître à penser » et qui m’a tant appris à travers son œuvre immense. Tout un article n’y suffirait pas, et ses travaux demeurent une source constante d’apprentissage et d’évolution.

Un grand sage qui a fait faire un bond de géant à la psychologie des profondeurs.

Pour vous donner trois exemples contemporains : Irwin Yalom, Juan David Nasio et Christophe André.

« Je ne suis pas détaché, neutre. Je m’engage avec le patient. J’essaie de comprendre exactement ce qu’il veut dire, de le conseiller sans pour autant jouer le rôle de guide spirituel. Mon objectif n’est pas de laisser les gens céder à la tentation de la soumission à un être « supérieur », à une idéologie ou à une religion. Il ne s’agit pas d’enchaîner, mais de libérer en dialoguant. » Irwin Yalom

« Assurément, le travail analytique ne peut avancer sans le concours de la pensée et de la parole, mais ce ne sont ni la pensée ni la parole qui finalement soulageront notre patient du mal qui le mine. Pour que pensée et parole agissent, encore faut-il qu’elles soient animées par la force de l’émotion. Apprendre à s’aimer soi-même » Juan David Nasio

« Contrairement à ce que pensent parfois mes lecteurs, je ne suis pas, au départ, très doué pour le bonheur. C’est bien pour ça que le sujet m’intéresse ! Je ne suis pas doué, donc, mais j’ai bien progressé : depuis des années, je fais des efforts, et mon cerveau est toujours en éveil pour observer la manière dont les humains se rendent heureux ou malheureux, bien au-delà de ce qui arrive dans leur vie.

Mais l’important n’est pas : « Est-ce que je le sais ? » La grande question est : « Est-ce que je
le fais ? » Le défi de la psychologie positive ne consiste pas tant à expliquer les exercices que de motiver à les faire. » Christophe André

Parlant, non ?

Dès les années 1950, Carl R. Rogers avait conclu que l’attitude du thérapeute envers son patient était déterminante pour aider celui-là à changer.

Il avait défini ses trois principales caractéristiques qui sont toujours pertinentes :

  • Le thérapeute se place inconditionnellement du côté du patient et le soutient
  • Il se met en situation d’empathie et il est capable de ressentir ce qu’éprouve son patient.
  • Sait instaurer une relation authentique, dans laquelle il est totalement présent, ne joue pas un rôle, car le travail s’appuie sur la façon dont les deux communiquent, en toute confiance

Car le lien demeure un moteur essentiel de toute relation d’aide.

« Un bon thérapeute n’est pas quelqu’un qui sait, mais quelqu’un qui cherche », comme le dit Irvin Yalom… et main dans la main avec vous, de préférence.

Sans oublier que le meilleur praticien du monde ne pourra rien pour vous si vous refusez de changer car vous ne faites que lui « déléguer » votre propre capacité de guérison.

Et donc, quid du risque de dépendance, dû à ce fameux « transfert » ?

Et quand mettre fin à l’analyse ?

Généralement, elle se termine quand le psychanalyste n’arrive plus à faire évoluer une situation bloquée.

Mais encore, faut-il qu’il soit intègre et n’évoque pas les fameuses résistances au changement ou autres « bénéfices cachés ».

Réels mais souvent juste utilisés comme prétexte pour garder le patient.

La psychanalyse est un traitement long, cher et douloureux.

Alors, avant de s’y engager, il serait bon de réfléchir à d’autres thérapies alternatives, qui ne sont pas des pâles substituts mais des outils précieux pour arriver à des résultats concrets, sans faire l’économie d’un véritable travail de fond. Plus rapidement, efficacement et sans y laisser des plumes, dans tous les sens du terme.

 

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