La vie est souvent perçue comme un voyage entre notre naissance et notre mort.

C’est aussi une traversée qui comporte son lot d’épreuves, d’embûches et de difficultés de toute sorte.

Elle nous apporte aussi des réussites, des satisfactions, comme de petits et de grands bonheurs.

Notre voyage a pour but de faire évoluer nos consciences, de renforcer notre identité et de donner un sens à notre existence.

Chacun est libre de tâcher d’accomplir son destin ou bien de se dérober devant les possibilités offertes.

Lors de ce voyage nous sommes tous confrontés à notre condition humaine et à nos « dragons » intérieurs.

Nous y faisons face à notre manière toute personnelle, et celle-ci s’appuie sur nos croyances et les scénarios que nous adoptons, consciemment ou non.

Mais nous sommes également influencés par les archétypes contenus dans les grands mythes de l’histoire humaine.

Ces mythes racontent les grands défis de l’existence et ils nous fournissent des modèles de changement.

Ils nous aident à accepter de nous confronter aux épreuves, à vaincre nos « dragons » et à nous libérer de ce qui est artificiel et superficiel, pour devenir l’être que nous sommes profondément.

Ils réveillent nos guides intérieurs qui nous conseillent et nous inspirent.

Ils nous poussent à nous recentrer, à « rentrer en nous-mêmes », pour accéder à un autre état de conscience et aux ressources dont nous avons besoin.

Le refus de la prise de risque et de l’engagement dans notre périple personnel nous conduit à adopter des rôles à mettre des masques ou bien à fuir.

Mais ceux qui anesthésient ou tuent le héros en eux vont se décourager, au risque d’éprouver un sentiment d’aliénation, de frustration, de manque et de vide intérieur.

A force de refuser l’appel, ils deviennent les spectateurs ou vivent leurs vies par procuration.

Se dérober à la quête, est une expérience de non-vie, associée à une baisse de vitalité en nous.

En acceptant l’épreuve, et en nous dépassant pour la surmonter, nous nous engageons sur le chemin d’accomplissement.

Nous prenons le risque de la confrontation aux expériences de la vie et à nos propres limites.

Cela nous permet de sortir du rôle de la victime, pour aller à la découverte de ressources insoupçonnées et de nouvelles forces d’élévation en nous.

Poursuivre notre quête intérieure contribue aussi à rendre meilleur le monde auquel nous appartenons.

Depuis la nuit des temps, les mythes parlent des guides intérieurs qui accompagnent notre quête.

Ces guides sont des archétypes qui soutiennent les êtres humains dans leur croissance.

Présents dans l’inconscient collectif, ils existent sous forme d’énergie dans le psychisme individuel humain.

Nous rencontrons ces archétypes dans notre monde intérieur, dans nos rêves ou à travers l’art et nos forces créatrices.

Chaque archétype définit un ensemble de caractéristiques, liées à des valeurs et des croyances spécifiques.

Ces modèles soutiennent nos capacités à faire de nouveaux apprentissages et ils nous invitent à développer de nouveaux savoir-faire et à éveiller de nouvelles qualités.

Chaque quête porte en elle la récompense ou le « trésor » qui couronne l’épreuve.

Si les archétypes sont très nombreux, Carol Pearson en décrit six dans son ouvrage Le Héros Intérieur.

Chaque archétype possède sa propre vision du monde, ses objectifs de vie et ses croyances particulières quant à ce qui donne du sens à la vie.

L’Innocent

A ses yeux la vie est douce et tous ses besoins sont comblés dans une ambiance de soins et d’amour.

Pour les Innocents, le monde n’existe que pour leur satisfaction et ils n’hésiteront pas de tout essayer pour arriver à leurs fins.

Ils entretiennent la conviction que leur entourage entier doit contribuer à rendre leur vie paradisiaque, et pour cela ils peuvent détruire, même ceux qui les aideraient à avancer.

Sans états d’âme, ils se serviront des autres pour satisfaire leurs pulsions.

Ils ne se posent pas de questions et foncent, jusqu’à ce qui soient obligés de regarder la réalité en face.

Refuser l’existence des dragons leur permet de vivre dans un état de grâce qui précède la chute.

Si c’est un état naturel chez l’enfant, il devient une négation de la réalité chez l’adulte.

L’Innocent est au fond un ignorant qui malgré lui recherche la connaissance.

L’Orphelin

Il recherche la sécurité, avant tout, et il a très peur d’être abandonné car c’est l’extérieur qui la lui apporte.

Il se positionne en victime, obligée de vivre dans un environnement hostile sans en avoir la force ni les capacités.

Son impression d’impuissance le pousse à chercher celui qui prendra soin de lui.

Il ne maîtrise pas ses émotions qui sont parfois paralysantes, et sa seule manière d’affronter la condition humaine reste l’évasion dans le travail, la consommation ou même dans les drogues.

L’Orphelin cherche un remède miracle à son existence et des gratifications immédiates dans sa vie.

Il lui faut pourtant vaincre la négation de la réalité pour apprendre que la souffrance, la douleur, les épreuves et la mort font inévitablement partie de la vie.

Dragon

Le Martyr

Persécuté par le dragon de la souffrance, il cherche à l’apaiser en se sacrifiant pour sauver les autres.

Il peut tomber dans les excès, par sa croyance qu’il lui faut tout donner, et il peut basculer dans le masochisme et le déni de soi.

Ses émotions sont réprimées pour ne pas blesser quiconque.

Il considère que le travail doit être dur, désagréable, et mis au service des autres.

Pour lui, il y a plus de vertu dans le don et la pauvreté que dans la réception.

Le Martyr cherche à résoudre le conflit entre la recherche du « bien » et l’évitement du « mal », et sa pire peur est d’être traité d’égoïste.

Il ignore qu’il y a toujours un « bénéfice secondaire » à cette attitude, et sa tâche est d’être capable de prendre soin des autres sans s’oublier et de donner de façon libre et sans peur.

Le Guerrier

Il s’applique à être fort et efficace, et à éviter la faiblesse, l’incompétence et la passivité.

Il veut changer son environnement, afin que celui-ci se conforme à ses besoins et à ses valeurs.

Comme il cherche à avoir une influence sur le monde, il peut s’entourer des faibles et les dominer.

Il revendique l’autorité et le droit de trouver des solutions à tous les problèmes.

Il lutte pour se défendre et pour changer le monde à son image, par la force de discipline et de la volonté.

Il aime la compétition et il a le goût de la réussite.

Pour exercer plus de domination il contrôle ou réprime ses émotions.

Il travaille dur pour réussir et il sait utiliser le système à son profit.

Il lui faut trouver de la juste mesure et sa tâche est d’avoir plus d’assurance, de confiance, de courage et de respect de soi et des autres, pour devenir plus authentique avec lui-même et avec son entourage.

Le Guerrier ne craint pas d’affronter le dragon de la peur et il peut se battre pour ce qu’il croit, en dépit des risques encourus.

Le Vagabond

Cet archétype cherche avant tout la liberté, l’indépendance et l’autonomie.

Il craint le conformisme et il n’a pas peur de marcher hors des sentiers battus.

Il aime à explorer de nouvelles idées, à agir seul, et à assumer ses émotions.

Il acquiert son identité par le refus des normes, ce qui peut faire de lui un marginal.

Pour le Vagabond, la vie est une aventure, qu’il vit dans le monde ou à l’intérieur de lui-même.

Il lui faut toutefois affronter son « dragon » de la solitude et il doit dépasser cette peur de son inaptitude à vivre isolé.

Il doit entreprendre la tâche de se retrouver lui-même, et décider de découvrir qui il est et ce qu’il veut pour réaliser sa vocation.

Le Magicien

Il recherche l’authenticité, l’équilibre avec les énergies de l’Univers, et il désire attirer à lui ce dont il a besoin selon les lois de la synchronicité.

Il redoute le manque de profondeur et vivre en conscience est son but principal.

Il sait que le monde extérieur est le reflet du monde intérieur.

Sa crainte est l’aliénation de soi et des autres, l’absence de centrage et de la reliance.

Il refuse d’être dépendent ou de soumettre les autres.

Il accepte et intègre le dragon de l’ombre et il sait le sortir à la lumière pour le transformer.

Il a dépassé les notions du « bien » et du « mal » car il sait qu’elles ne sont que les concepts humains enfermants.

Il sait apprécier les différences et s’en enrichir par des relations égalitaires et respectueuses.

Il a pacifié ses émotions et il s’autorise à les exprimer, comme de comprendre celles des autres.

Il vit et travaille selon sa vraie vocation, et il reste confiant, sachant que ses besoins seront satisfaits.

Il sait vivre dans la joie, l’abondance, la foi et la fidélité à sa sagesse intérieure.

Il est rare que nous vivions sous l’influence d’un seul archétype, et nous pouvons trouver une partie de chaque en nous.

Il nous est nécessaire de les reconnaître et de les réconcilier, et essentiellement de ne pas projeter nos modèles sur les autres.

Sinon, gouvernés par un archétype particulier, nous aurons tendance à rejeter les autres ou à nous plaindre de l’incompréhension qui en résulte.

L’Innocent ou l’Orphelin chercheront l’aide du Martyr, et l’assurance du Guerrier peut leur apparaître comme une insensibilité.

L’indépendance du Vagabond sera considérée souvent comme de l’égoïsme ou de l’indifférence.

La sagesse du Magicien est souvent incomprise ou considérée comme un comportement incongru.

La suite du voyage du héros dans le prochain article

Carol S. Pearson Le héros intérieur, Éditions de Mortagne

 

 

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