Poursuivons donc ce questionnement sur ce qui éveille en nous cet enfant blessé.

Puisque notre premier âge a rarement été rose, nous en gardons les séquelles et, faute d’un travail approprié sur nos émotions, elles continueront à affecter notre vie d’adulte.

Les enfants absorbent tout, déjà dans le ventre de leur mère, sans parler des transmissions familiales ou transgénérationnelles.

Et cela se produit à un âge où notre cerveau – pas encore développé – n’a pas pu faire face.

Petits, nous sommes entièrement dépendants de nos parents qui seuls peuvent combler nos besoins, et nous cherchons à tout prix à être aimés et acceptés.

Et quand quelque chose dysfonctionne dans la famille, la petite fille ou le petit garçon croira toujours que c’est de sa faute.

Notre passé continue à obscurcir le présent et pollue notre espace intérieur.

Ces difficultés vivent en nous, se réactivent continuellement, et puisqu’elles sont douloureuses nous avons mis en place les stratégies pour les éviter.

Mais, tant que nous n’admettons pas qu’il est nécessaire de comprendre, de voir plus clair la cause de nos tourments, nous subirons, encore et toujours.

A moins de choisir de ne plus rester victime, et ce choix nous appartient, toujours. Car, même si la responsabilité de ce que nous avons pu vivre incombe aux personnes qui nous ont blessés, nous demeurons les seuls à pouvoir nous occuper des conséquences que cela a engendrées.

Reprendre la perspective des parents – avec ce qu’ils ont été, leurs propres problèmes, manques et failles diverses – peut aider.

Mais c’est sur nos ressentis qu’il sera nécessaire de nous pencher car, indépendamment de la réalité, ce sont les empreintes de nos souvenirs qui nous influencent.

Et il peut arriver qu’un enfant choyé ne se sente pas aimé de ses parents.

Quelques pistes pour prendre conscience de nos principaux problèmes, et il n’est pas nécessaire d’avoir dévoré Freud et Jung pour les mettre à jour :

Votre mère

A-t-elle été trop envahissante, castratrice, au point de vous bouffer votre énergie ? Où vous empêcher d’exister, en tant que personne séparée, puisqu’elle a bâti son identité au détriment de la vôtre ?

Ou bien, absente, indifférente, froide, incapable de vous exprimer l’amour, la tendresse et les soins qui vous ont été vitaux ?
Peut-être, vous a-t-elle abandonné…

Ou au contraire, celle qui vous a trop couvé, ne vous a jamais libéré de son emprise. Ce qui revient à ne toujours pas couper le cordon, même à l’âge adulte, et demeurer toujours dans une sorte de fusion.

Pour les hommes, cela peut se traduire par l’impossibilité de s’engager véritablement dans une relation, puisque aucune femme ne sera à la hauteur de môman.

Et que celle-ci n’acceptera jamais sa « remplaçante », la dénigrera et la critiquera sans cesse, puisque personne ne peut être assez bien pour son petit fils chéri.

Qui n’a pas connu ces éternels célibataires qui, à 50 ans passés habitent encore sous le toit familial…

Et qui n’ont jamais assumé leur virilité, voire leur sexualité.

Si la mère est le premier objet d’amour de l’enfant, fille ou garçon, la femme en devenir aura d’autres difficultés à s’en séparer car il lui faut s’identifier à elle tout au long de l’enfance pour découvrir ce qu’est la féminité.

Mais une mère immature, victime, distante, est une femme qui ne se supporte pas dans ce rôle, comme elle aura du mal à donner de l’élan et aider son enfant à se construire. Si elle n’y parvient pas, les conséquences sont souvent néfastes.

De nombreuses rivalités peuvent surgir, la mère jalouse rabaissera systématiquement sa fille et l’empêchera de vivre pleinement sa vie affective.

Rancœurs, comparaisons ou encore le désir de vous construire à l’inverse de la personnalité de votre mère font que vous ne vous sentez jamais à la hauteur et vos relations ne sont qu’incompréhensions, reproches mutuels et culpabilités.

Et pas la peine de ressortir le complexe d’Œdipe pour comprendre….

Beaucoup de femmes craignent ainsi d’enfanter, notamment de mettre au monde une fille.

Quant à la mère fusionnelle, l’identification réciproque rend difficile de distinguer entre vos propres sentiments et les siens.

Et votre père…

Trop autoritaire, absent, indifférent ou encore effacé par votre mère. Vous a-t-il reconnu, vous a aidé à vous construire, en vous donnant votre place et votre identité ?

Comment vous a-t-il traité ?

Je n’aborderai pas ici les violences, qu’elles soient physiques ou psychologiques mais inutile de préciser à quel point cela reste traumatisant à vie.

Votre place dans la fratrie

Avez-vous grandi avec l’impression que vos frères ou sœurs était des préférés, et que vous aviez à vous battre pour un peu d’attention ?

Le syndrome de la parole empêchée

Pas le droit de vous exprimer ou l’impression de ne jamais être entendu dans vos besoins ?

Avez-vous eu le droit de dire vos émotions, sans être punis ? Montrer votre nature véritable ou être toujours obligés de jouer un rôle et adopter des stratégies pour obtenir l’amour de vos parents…

Alors, prendre conscience de tout ce qui vous empêche d’être vous-mêmes pour vous affirmer devant vos géniteurs, et par extension, face à toutes les figures de l’autorité est vital.

Ces problèmes seront toujours en lien avec la privation de place, d’identité, d’expression mais surtout… de l’amour.

Et, qu’allez-vous en faire ? Continuer à souffrir ou vous donner les moyens d’en guérir ?

 

 

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