Si toute personne est censée passer par les stades du développement des archétypes, aucune ne le fera d’une manière semblable.

Il existe notamment des différences prévisibles dans la façon de les affronter en fonction du sexe.

Les femmes auront tendance à demeurer plus longtemps sous l’influence de l’archétype du Martyr, par leurs rôles de mère et d’épouse.

Poussés par le désir de la maîtrise de leur vie et du pouvoir, les hommes deviendront plus facilement et rapidement des Guerriers.

Cela dit, ce ne sont que des généralités car dans nos sociétés, les rôles se mélangent et s’entrecroisent.

Le féminin tend à tisser les liens, à communiquer et à rassembler, alors que le masculin cherchera la conquête les échelles de hiérarchies où la lutte pour obtenir un pouvoir.

Le modèle du développement masculin consistera ainsi  à passer directement du stade d’Orphelin à celui du Guerrier et souvent d’y rester.

Lors d’une remise en question ou bien au milieu de sa vie, l’homme sera obligé de faire face aux questions d’identité.

Il remettra en cause ses valeurs et pourra se tourner vers des préoccupations plus grandes touchant l’intériorité et l’engagement.

Son évolution le fera passer ainsi par les stades de l’Orphelin, du Guerrier et du Vagabond pour aboutir à celui du
Magicien.

La femme peut demeurer au stade de l’Orphelin ou du Martyr, et elle peut s’y résigner si rien ne la pousse à avancer.

Le départ des enfants ou du mari la mettra face aux questions d’identité propre, d’estime et d’affirmation de soi.

Elle pourra alors se libérer des rôles de l’Orphelin et du  Martyr pour passer par le stade du Vagabond.

Nombreuses sont les femmes Guerrier et elles deviennent facilement des Magiciennes.

Joseph Campbell décrit dans son ouvrage Puissance du Mythe, les points communs de notre cheminement de vie en termes d’étapes ou de « Voyage du Héros ».

Il s’appuie sur les mythes partagés par chaque culture.
Ces étapes, sont reprises et résumées par Robert Dilts et elles passent par :

  • L’écoute d’un appel relatif à notre identité, que nous pouvons accepter ou refuser
  • L’acceptation de l’appel nous confronte à nos limites, liées à nos croyances et à notre vision du monde.
  • Le franchissement du seuil nous propulse dans un nouveau territoire, en dehors de notre zone de confort, et cela nous force à grandir et à évoluer
  • Malgré tout notre courage, nous avons besoin d’un protecteur ou d’un mentor et nous nous mettons à sa recherche
  • Franchir le seuil nous oblige à faire face au défi ou au dragon. Ceux-ci sont simplement une forme de puissance ou d’énergie qui reflète nos ombres intérieures
  •  Seule l’accueil et l’acceptation permettent de les mettre en lumière pour les transformer en ressources
  •  Pour accomplir la tâche à laquelle nous sommes appelés et découvrir notre voie il nous est nécessaire  d’incorporer les apprentissages du voyage
  • Les acquis de notre expérience nous transforment et nous pouvons partager des expériences du voyage avec les autres

Ce voyage intérieur n’est jamais linéaire car au cours de l’évolution nous montons une spirale ascendante.

Si nous pouvons affronter les expériences semblables, nous ne les vivrons jamais au même niveau de conscience.

Le parcours forge nos capacités individuelles qui contribuent à celles de la collectivité entière.

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Chaque archétype possède des aspects contraires et soit il nous transforme ou bien il nous enferme dans ses facettes sombres.

Si l’Innocent s’obstine à rester ignorant il va renier ce qui se passe et à refuser de le reconnaître.

Il pourra ainsi se nuire et nuire aux autres et à continuer à croire indéfiniment la même chose.

Naïf et inconscient, il niera l’existence du dragon.

L’Orphelin se comportera en victime qui n’admet ni son incompétence ni ses attitude irresponsables, mais qui attribuera toujours la faute à l’autrui.

Il n’assumera pas les conséquences de ses actes et il évoquera à titre d’excuse sa fragilité.

Lorsque le côté sombre de l’Orphelin prend le contrôle de notre vie, nous agressons même les personnes qui veulent nous aider, en les blessant et en nous blessant nous-mêmes.

L’Orphelin accusera et se plaindra en disant : « Tu ne peux rien pour moi, Je suis blessé, Je souffre, Je n’en peux plus »…

Le Martyr tentera de culpabiliser les autres car c’est en souffrant qu’il pourra contrôler son entourage.

Il adoptera des comportements manipulateurs et tentera de soumettre ou d’étouffer autrui.

Son autre facette s’exprimera dans les relations de co­dépendance ou dans les besoins obsessifs de prendre soin des autres et de leur venir en aide, sans qu’ils demandent quoi que ce soit.

Ses phrases favorites seront : « Regardez ce que j’ai sacrifié pour vous, Après tout ce que j’ai fait pour toi »…

Il sera toujours paralysé par son dragon.

Le Vagabond restera dans le déni qui peut recouvrir plusieurs réalités existentielles.

Face à la mort il se comportera comme si la vie était éternelle ou si elle n’avait pas de valeur.

Confronté à la solitude existentielle il s’investira peu dans l’intensité et la durabilité des relations.

Puisqu’il met sa liberté avant tout il ne saura pas prendre et assumer ses responsabilités.

Il peut aussi dénier ses limites et refuser d’être faillible. Il évite ainsi de faire des choix, par crainte de se tromper.

S’il ne tient pas compte de ses besoins, il vit dans la privation ou dans le gaspillage.

Il vit dans le déni de son dragon et l’évite, en se réfugiant dans son monde.

Le dragon du Guerrier se manifeste à travers un comportement « malfaiteur », dont il se sert dans son intérêt, sans se préoccuper de questions morales, et éthiques.

Dans le non-respect des autres il n’hésitera pas à compromettre ses principes pour gagner ou imposer sa volonté.

Il raisonnera en termes de pouvoir, de concurrence et de lutte. Tout devient affrontements, menaces, et défis à confronter.

Le Guerrier peut devenir impitoyable, endurci et complétement insensible.

Il combat avec force mais il manque de mesure et de compassion.

Bien que le Magicien soit supposé être un sage, il a aussi son dragon.

Tant qu’il n’est pas revenu du voyage à la recherche de sa vérité, afin d’acquérir la capacité du détachement et de la tolérance, il pourra juger autrui, en le déclarant inapte ou incompétent.

Il se croira supérieur et méprisera les autres.

Coupé de ses émotions, il restera froid, sans cœur, dogmatique et souvent pompeux.

Il sait que le dragon le guette mais il a encore du mal à l’apprivoiser.

Les archétypes peuvent se vivre sur trois niveaux, en fonction du degré de conscience de chacun :

  • Le premier est celui du petit moi où l’individu mû par l’instinct de survie ne s’occupe que de lui.
    L’ombre est encore puissante et elle fait trop peur.
  • Au deuxième niveau, l’individu transcende son égocentrisme et il devient capable de ne plus agir seulement dans son propre intérêt.Il devient conscient des conséquences de ses actes et il assume la responsabilité à l’égard de lui-même et des autres.
  • Au troisième degré, la personne peut acquérir la capacité du détachement et s’ouvrir à l’écoute des autres. Elle peut ainsi incarner l’archétype dans toute sa puissance.

L’itinéraire du héros comporte toujours une part d’inconnu. Il sait d’où il part mais il ignore où il va, ni par où il va passer.

Et nos routes ne se recouvrent pas, dans l’immense océan de la vie et du psychisme.

La quête du héros est parfaitement symbolisée dans l’image d’un dragon à plusieurs têtes.

Ses multiples visages que tout héros doit combattre au cours de sa traversée représentent les défis auxquels chacun de nous est confronté.

Si les dragons barrent le passage ils gardent aussi un trésor

Ils sont à la fois obstacle et la clef de l’évolution

Vaincre le dragon permet de s’emparer de sa force et de maîtriser un pouvoir jusque-là impossible à capter.

L’intégration de ce qui apparaissait comme une puissance nuisible la rend bénéfique.

Les épreuves de l’existence nous saisissent toujours par leur côté terrifiant.

Mais si nous refusons les situations qui dévoilent notre ombre nous ne pourrons pas acquérir de nouvelles qualités.

Ce refus nous enfermera dans les abîmes chaotiques et déstructurants de l’ombre d’un archétype.

Il nous faut éviter le piège de ce que nous aimons ou désirons car l’ombre nous révèle ce dont nous manquons.

Elle nous aide à accepter ce que nous refoulons de nous-mêmes et de ce que nous vivons.

Évoluer n’est pas rejeter ou refouler nos ombres mais reconnaître et accepter nos côtés les moins flatteurs.

Tout en restant conscient des qualités que nous portons en nous car c’est à travers elles que nous pouvons susciter la réconciliation avec nous-mêmes.

Carol S. Pearson Le héros intérieur, Éditions de Mortagne
Joseph Campbell Puissance du mythe Éditions Oxus

 

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